about
The artistic works I develop are distinguished by an asserted materiality, animated by a digital or media presence. My sculptures, video installations, and drawings take form through dispositifs in which our engagement wavers between surrendering to illusion and attempting to uncover its mechanisms. In this sense, my works function as artifices that reveal their own construction.
Several of my projects engage in dialogue with genres, modes of production, and artworks drawn from specific moments in art history that I find particularly compelling. My practice thus establishes a conversation with minimalism, conceptual art, and modernism more broadly, through a form of conceptual bricolage: works composed of pre-existing “artistic elements,” often intertwined with references to current events or popular culture.
In recent years, an optical dimension has emerged in my work, expressed through materials that disrupt perception, reflective surfaces generating mise en abyme effects, elements that become the pixels of an image, or the repetition of videos transformed into patterns within the overall composition—producing a kind of kaleidoscopic vibration.
Over time, a reflection on the screen has become central to my practice. Screens are everywhere: in our pockets, in our living rooms, on our desks, in restaurants through digital menus, in train stations and airports. They inform us, entertain us, misinform us, and capture our attention. In this era of post-truth and hyperconnectivity, it seems essential to engage with these “image-producing machines,” integrating them into my sculptures and installations as “active surfaces” capable of amplifying and deepening the aesthetic experience through light and movement.
Several of my works draw on geometry as a means of extracting images, or use language to construct written statements that attempt to negate their own meaning. Through these contradictions and circular forms of reasoning, I seek to lead our certainties into dead ends. I am convinced that our perception is often shaped by what we believe we already know. My artistic propositions are therefore invitations to slowness—allowing our senses to be carried away by illusion.
More recently, I have turned my attention to the role of artificial intelligence within the creative process, using various models to produce dystopian videos in which natural elements reclaim dominance over iconic modern architectures.
CV
Mathieu Valade was born in Salaberry-de-Valleyfield, Québec, and currently lives and works in Chicoutimi.
His work has been presented in major institutions, including MAC VAL (Paris, France, 2017), BPS22 Museum (Charleroi, Belgium, 2012 and 2019), the Musée national des beaux-arts du Québec (2008, 2016, 2017), the Musée des beaux-arts de Sherbrooke, and the Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, as well as in numerous art centers, galleries, and major events across Canada, Germany, Brazil, the United States, France, Spain, Greece, and Sweden. His works are included in several public collections, notably those of the MNBAQ and the Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul.
His practice has received sustained support from the Conseil des arts et des lettres du Québec, the Canada Council for the Arts, and various art-business partnerships, including collaborations with Propulia Capital and Ubisoft.
Mathieu Valade is represented by Galerie Chiguer Art Contemporain (Montréal/Québec). His works are held in major public collections (MNBAQ, MACBSP, CPOAQ) as well as in private collections, including Groupe Biron, Propulia Capital, and Ubisoft, and have been acquired by numerous private collectors.
He has created public artworks in several cities across Québec, notably along the Trois-Rivières-sur-Saint-Laurent promenade (Trois-Rivières) and at the Maison de la littérature (Québec City), for which he was awarded the Prix des Mérites d’architecture by the City of Québec in 2017 for his public artwork Éphémères durables.
His work was recently the subject of a major survey exhibition at Centre Bang, curated by Ariane Plante. This exhibition is set to tour across Canada and Europe.
Eva L’Hoest (Liège, 1991, Belgique – vit et travaille à Bruxelles ) explore les façons dont toutes les natures d’images mentales, en particulier le souvenir et la réminiscence, trouvent à se re–matérialiser dans une forme technologique. Elle poursuit avant tout l’exploration de la mémoire et de son infime et étrange réalité subsistante. Pièces après pièces, l’artiste s’approprie les technologies de son contemporain pour révéler à la fois leur nature de prothèses d’appréhension du monde et leur potentiel en tant que médium artistique.
Son travail a été récemment présenté à la quinzième Biennale de Lyon, Lyon (France) curaté par le Palais de Tokyo, la Triennale Okayama Art Summit 2019 “IF THE SNAKE” curaté par Pierre Huyghe, Okayama (Japon), « Suspended time, Extended space » Casino Luxembourg (Benelux), « Fluo Noir » (BIP2018, Liege, BE), « WHSS » (Melange, Koln, DE), Mémoires (ADGY Culture Development Co. LtD., Bejing, CH), Trouble Water (Szczecin Museum, Szczecin, PL), « Now Belgium Now» (LLS358, Antwerp, BE), « Chimera : Marcel Berlanger, Djos Janssens et Eva L’Hoest» (Meetfactory, Prague, CZ), « Marres currents #3:Sighseeing » (Maastricht, NL).
Ses films ont été programmés récemment sous la forme d’une performance à la dernière édition du IFFR à Rotterdam, ImagesPassage à Annecy, le MACRo Museum à Rome, les Rencontres Internationales Paris–Berlin en 2018 ainsi que le Visite Film Festival à Anvers.
Mélodie Mousset (*1981, Abu Dhabi, vit à Zurich) utilise son propre corps pour cartographier, indexer et narrer un « soi » qui semble en métamorphose permanente, lui échappant dès qu’elle cherche à en prendre possession. Elle s’intéresse aux processus d’individuation biologiques, techniques, culturels, individuels et collectifs qui forment le corps. Ces questions anthropologiques et philosophiques prennent forme dans des vidéos, sculptures, installations, performances ou de la réalité virtuelle.
Dans le film Intra Aura Mélodie Mousset entreprend une recherche intense et de longue durée pour approfondir cet intérêt pour le corps, son intériorité phsychique et organique. Elle s’approprie des technologies de visualisation médicales (IRM, impression 3D), les met en rapport avec des rites chamaniques des « curanderos » Mazatèques qu’elle rencontre au cours d’un voyage au Mexique et les combine avec un travail plastique et filmographique.
Avec HanaHana, Mélodie Mousset prolonge cet intérêt pour une narration onirique, une curiosité pour la perméabilité des limites corporelles et un détournement artistique des technologies de pointe. En empruntant la forme du jeu interactif et collaboratif, cette œuvre de réalité virtuelle constitue un environnement fantastique immersif. Chacun.e peut générer des formes et laisser des traces de son passage dans ce désert habité par des sculptures archaïques où fleurissent des mains humaines de toutes tailles et couleurs. Les joueuses et joueurs peuvent se téléporter et multiplier leurs corps à l’extérieur d’eux mêmes et, en version connectée, interagir avec des joueurs qui se trouvent à d’autres endroits. L’espace d’exposition devient ainsi un espace partagé, à la frontière de l’intime et du public, virtuel tout autant que réel.
La combinaison de la musique envoûtante avec l’audio interactif, généré en temps réel par les activités et gestes des joueuses et des joueurs, est également une composante essentielle de cet environnement multi-sensoriel. Dernièrement, Mélodie Mousset fouille particulièrement l’aspect interactif et musical de la réalité virtuelle et cherche à développer un nouveau langage de programmation et d’expérience musicale.
La pratique de Mélodie Mousset s’inscrit profondément dans l’expérience d’un monde contemporain déroutant, défini par ce contraste entre le numérique et le corporel. Avec ses œuvres nous sommes amenés à nous questionner comment se positionnent, dans cet environnement de plus en plus dirigé par les technologies numériques, les corps humains physiques, réels, opaques, vivants, remplis d’organes, porteurs d’une intériorité mentale et psychique, avec des recoins riches d’imagination. Comme le dit l’écrivain et vidéaste américaine Chris Kraus : « Mousset’s associative process is so rich. She fully believes in her own imagination and the logical or alogical digressions that shape an inner life. » (424 mots)
– Claire Hoffmann
Justine Emard (née en 1987) explore les nouvelles relations qui s’instaurent entre nos existences et la technologie.En associant les différents médiums de l’image – photographie, vidéo, réalité virtuelle et performance -, elle situe son travail dans un flux entre la robotique, les neurosciences, la vie organique et
l’intelligence artificielle.
De la création d’un dialogue entre un robot androïde et une psychologue (Erika, film de recherche,2016), à la matérialisation de rêves en impressions 3D (Dance Me Deep, 2020), en passant par une performance avec un moine bouddhiste (Heavy Requiem, 2019), ses œuvres tissent de nouveaux récits, issus d’interactions humains-machines et de l’incarnation de données. Dans Co(AI)xistence (2017), elle met en scène une première rencontre entre deux formes de vies différentes : un danseur/acteur, Mirai Moriyama, et le robot Alter, animé par une forme de vie primitive basée sur un système neuronal, une intelligence artificielle (IA) programmée par le laboratoire de Takashi Ikegami (Université de Tokyo), dont l’incarnation humanoïde a été créée par le laboratoire de Hiroshi Ishiguro (Université d’Osaka).
Grâce à un système d’apprentissage profond, l’IA apprend de l’humain, comme l’humain apprend de la machine, pour tenter de définir de nouvelles perspectives de coexistence. Une esquisse des possibilités du futur apparaît dans Soul Shift (2019) et Symbiotic Rituals (2019), lorsque différentes générations de robots commencent à se reconnaître. Leur apparence minimale autorise une projection émotionnelle, en ouvrant un espace pour l’imagination. Le Japon, que l’artiste a découvert en 2012 et où elle continue de se rendre régulièrement, a sensiblement marqué son travail. Au cours de ses multiples séjours, elle a exploré les connexions entre sa pratique des nouveaux médias et la philosophie japonaise ; en particulier le shintoïsme, qui confère un caractère sacré à la nature. Cette pensée animiste, encore vivace à l’époque des technologies connectées, affleure dans Exovisions (2017), une installation composée de pierres, de bois pétrifiés, d’argile prise dans la roche et d’une application de réalité augmentée. Depuis 2016, elle élabore sa série photographique La Naissance des Robots (2016-2020), dans la perspective anthropologique de l’évolution humaine, entre archéologie du futur et robotique androïde. Depuis 2011, elle montre son travail lors d’expositions personnelles en France, Corée du Sud, Japon, Canada, Colombie, Suède et Italie. Elle participe également à des expositions collectives : 7ème Biennale internationale d’Art Contemporain de Moscou, NRW Forum (Düsseldorf), National Museum of Singapore (Singapour), Moscow Museum of Modern Art (Moscou), Institut Itaú Cultural (São Paulo), Cinémathèque Québécoise (Montréal), Irish Museum of Modern Art (Dublin), Mori Art Museum (Tokyo), Barbican Center (Londres).