about
For over two decades, Albertine Meunier has developed a body of work in which impertinence becomes an active principle. In the face of digital giants, the messianic promises of artificial intelligence, and the generalized surveillance that maps our every click, the artist responds with a strategy of detournement, where apparent lightness conceals remarkable acuity.
Her founding gesture, My Google Search History, now part of the Centre Pompidou’s collection, reveals her method: making visible what algorithms conceal, exposing intimacy under surveillance, and transforming personal data into artistic material. The work compiles the entirety of her Google searches since 2006, turning the digital trace into an involuntary archive of our desires, fears, and distractions. What could have been a simple critique becomes, in her hands, a sensitive exploration of what it means to exist in the age of surveillance capitalism.
But Meunier is not an artist of pathos. A self-claimed heir to the Dada spirit, she cultivates absurdity and play. DataDada—the movement she founded in 2014—turns data into a field of poetic as much as political experimentation. With works such as French Data Touch, an AI-generated song, or Hyperchips, she interrogates the black boxes of artificial intelligence by pushing them to their most burlesque extremes.
Her most recent works demonstrate a sharp vigilance toward the new transformations of the digital landscape. Slop Machine and Flood the zone with shit directly confront the informational pollution generated by AI—this “slop,” mass-produced, low-quality content flooding social networks. Extract Your Claude, ChatGPT, Gemini proposes a tool for extracting our conversations with artificial intelligences, transforming these exchanges into a searchable archive, tracing the archaeology of our relationships with thinking machines.
What stands out in Albertine Meunier’s work is her ability to maintain a form of deliberate bricolage in the face of prevailing hyper-technicality. Her installations may appear simple, almost naïve, but this simplicity is a strategic ruse. Like those small nodding dogs in Internet, do you love me?, her dispositifs pose fundamental questions with feigned candor.
The artist does not seek to impress through technical prowess—she seeks to reveal. To reveal the invisible flows of data, the poetry hidden within information packets, the subtle violence of surveillance, and the absurdity of our relationships with platforms. And she does so with a formidable weapon: humor—not the kind that excuses, but the kind that unsettles and destabilizes certainties.
At a time when artificial intelligence promises to solve everything and data has become the new currency, Albertine Meunier maintains an essential stance: that of the artist as a troublemaker, a grain of sand in the machine, a dissenting voice that refuses technological enchantment while eagerly exploring its plastic possibilities.
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CV
PUBLIC COLLECTION
In 2024, My Google Search History entered the New Media Collection of the Centre Pompidou (Paris). The work includes data, protocol, wallpaper installation, and three artist’s book volumes:
Volume 1 (2006–2011, 250 copies)
Volume 2 (2011–2016, 500 copies)
Volume 3 (2016–2022, 350 copies)
ARTISTIC PRACTICE
A digital artist since 1998, she uses the Internet as a material for creation and exploration. Her work focuses on the critique of surveillance technologies, artificial intelligence, personal data, and network aesthetics. Her approach is rooted in the legacy of the Dada movement, favoring simple and minimal forms.
ARTISTIC MOVEMENT
In 2014, she co-founded the DataDada movement with Julien Levesque, merging the spirit of Dada with contemporary data art.
ARTISTIC CAREER & MAJOR WORKS
2024–2025: Critique of generative AI & political engagement
Qui est là ? — AI image prompt machine
Slop Machine — critique of AI-driven information pollution
HyperChips — 303 self-portraits generated by DALL·E
2020–2023: Digital colonization
Dad Won’t Come Back — installation on Elon Musk’s Starlink satellites
2018–2019: Data set to music
French Data Touch — vinyl EP, 6 songs about data and AI
La DataDancingSaucisseParty — DataDada performance
2016–2017: Data games
Casino Las Datas — data becomes игров currency
2014–2015: Foundation of DataDada
Open Data d’Albertine Meunier — transparent opening of her personal data
Les Illuminés — memento mori for Google users
2012–2013: Transmission & geolocation
Hype(r)Olds — internet workshops for women aged 77+
Pegman Coin — détournements of Google Street View
2009–2011: Social networks
l’Angelino — digital angel connected to Twitter
Mona LHO — détournement of the Mona Lisa connected to ArtPrice
2006–2022: Iconic work
My Google Search History — compilation of all her Google searches since November 2006
2004–2008: Early Net Art
Instant entre elle et lui — collaborative writing with Facebook
1998–2004: Cathbleue, foundational period
Early works in French Net Art
EXHIBITIONS
Her work has been shown in major international institutions, including the Centre Pompidou, Cité des Sciences et de l’Industrie, Grand Palais, Jeu de Paume, Musée des Arts Décoratifs, and Gaîté Lyrique (Paris); the Institut Français de Madrid; Martine Ehmer Gallery (Brussels); and Cabaret Voltaire (Zurich).
PRESS (SELECTION)
Her work has been featured in major media outlets such as Le Monde (AI and culture 2025, Paris Photo 2023, NFT 2021), Libération (Slop 2025, My Google Search History 2023, crypto art 2021), Télérama (NFT and galleries 2021), France Culture (virtual artwork 2023, digital creation 2016), France Inter (Passion Data 2024, French Data Touch 2018), Beaux Arts Magazine (AI and photography 2024), and Tracks Arte (data and art 2019).
Eva L’Hoest (Liège, 1991, Belgique – vit et travaille à Bruxelles ) explore les façons dont toutes les natures d’images mentales, en particulier le souvenir et la réminiscence, trouvent à se re–matérialiser dans une forme technologique. Elle poursuit avant tout l’exploration de la mémoire et de son infime et étrange réalité subsistante. Pièces après pièces, l’artiste s’approprie les technologies de son contemporain pour révéler à la fois leur nature de prothèses d’appréhension du monde et leur potentiel en tant que médium artistique.
Son travail a été récemment présenté à la quinzième Biennale de Lyon, Lyon (France) curaté par le Palais de Tokyo, la Triennale Okayama Art Summit 2019 “IF THE SNAKE” curaté par Pierre Huyghe, Okayama (Japon), « Suspended time, Extended space » Casino Luxembourg (Benelux), « Fluo Noir » (BIP2018, Liege, BE), « WHSS » (Melange, Koln, DE), Mémoires (ADGY Culture Development Co. LtD., Bejing, CH), Trouble Water (Szczecin Museum, Szczecin, PL), « Now Belgium Now» (LLS358, Antwerp, BE), « Chimera : Marcel Berlanger, Djos Janssens et Eva L’Hoest» (Meetfactory, Prague, CZ), « Marres currents #3:Sighseeing » (Maastricht, NL).
Ses films ont été programmés récemment sous la forme d’une performance à la dernière édition du IFFR à Rotterdam, ImagesPassage à Annecy, le MACRo Museum à Rome, les Rencontres Internationales Paris–Berlin en 2018 ainsi que le Visite Film Festival à Anvers.
Mélodie Mousset (*1981, Abu Dhabi, vit à Zurich) utilise son propre corps pour cartographier, indexer et narrer un « soi » qui semble en métamorphose permanente, lui échappant dès qu’elle cherche à en prendre possession. Elle s’intéresse aux processus d’individuation biologiques, techniques, culturels, individuels et collectifs qui forment le corps. Ces questions anthropologiques et philosophiques prennent forme dans des vidéos, sculptures, installations, performances ou de la réalité virtuelle.
Dans le film Intra Aura Mélodie Mousset entreprend une recherche intense et de longue durée pour approfondir cet intérêt pour le corps, son intériorité phsychique et organique. Elle s’approprie des technologies de visualisation médicales (IRM, impression 3D), les met en rapport avec des rites chamaniques des « curanderos » Mazatèques qu’elle rencontre au cours d’un voyage au Mexique et les combine avec un travail plastique et filmographique.
Avec HanaHana, Mélodie Mousset prolonge cet intérêt pour une narration onirique, une curiosité pour la perméabilité des limites corporelles et un détournement artistique des technologies de pointe. En empruntant la forme du jeu interactif et collaboratif, cette œuvre de réalité virtuelle constitue un environnement fantastique immersif. Chacun.e peut générer des formes et laisser des traces de son passage dans ce désert habité par des sculptures archaïques où fleurissent des mains humaines de toutes tailles et couleurs. Les joueuses et joueurs peuvent se téléporter et multiplier leurs corps à l’extérieur d’eux mêmes et, en version connectée, interagir avec des joueurs qui se trouvent à d’autres endroits. L’espace d’exposition devient ainsi un espace partagé, à la frontière de l’intime et du public, virtuel tout autant que réel.
La combinaison de la musique envoûtante avec l’audio interactif, généré en temps réel par les activités et gestes des joueuses et des joueurs, est également une composante essentielle de cet environnement multi-sensoriel. Dernièrement, Mélodie Mousset fouille particulièrement l’aspect interactif et musical de la réalité virtuelle et cherche à développer un nouveau langage de programmation et d’expérience musicale.
La pratique de Mélodie Mousset s’inscrit profondément dans l’expérience d’un monde contemporain déroutant, défini par ce contraste entre le numérique et le corporel. Avec ses œuvres nous sommes amenés à nous questionner comment se positionnent, dans cet environnement de plus en plus dirigé par les technologies numériques, les corps humains physiques, réels, opaques, vivants, remplis d’organes, porteurs d’une intériorité mentale et psychique, avec des recoins riches d’imagination. Comme le dit l’écrivain et vidéaste américaine Chris Kraus : « Mousset’s associative process is so rich. She fully believes in her own imagination and the logical or alogical digressions that shape an inner life. » (424 mots)
– Claire Hoffmann
Justine Emard (née en 1987) explore les nouvelles relations qui s’instaurent entre nos existences et la technologie.En associant les différents médiums de l’image – photographie, vidéo, réalité virtuelle et performance -, elle situe son travail dans un flux entre la robotique, les neurosciences, la vie organique et
l’intelligence artificielle.
De la création d’un dialogue entre un robot androïde et une psychologue (Erika, film de recherche,2016), à la matérialisation de rêves en impressions 3D (Dance Me Deep, 2020), en passant par une performance avec un moine bouddhiste (Heavy Requiem, 2019), ses œuvres tissent de nouveaux récits, issus d’interactions humains-machines et de l’incarnation de données. Dans Co(AI)xistence (2017), elle met en scène une première rencontre entre deux formes de vies différentes : un danseur/acteur, Mirai Moriyama, et le robot Alter, animé par une forme de vie primitive basée sur un système neuronal, une intelligence artificielle (IA) programmée par le laboratoire de Takashi Ikegami (Université de Tokyo), dont l’incarnation humanoïde a été créée par le laboratoire de Hiroshi Ishiguro (Université d’Osaka).
Grâce à un système d’apprentissage profond, l’IA apprend de l’humain, comme l’humain apprend de la machine, pour tenter de définir de nouvelles perspectives de coexistence. Une esquisse des possibilités du futur apparaît dans Soul Shift (2019) et Symbiotic Rituals (2019), lorsque différentes générations de robots commencent à se reconnaître. Leur apparence minimale autorise une projection émotionnelle, en ouvrant un espace pour l’imagination. Le Japon, que l’artiste a découvert en 2012 et où elle continue de se rendre régulièrement, a sensiblement marqué son travail. Au cours de ses multiples séjours, elle a exploré les connexions entre sa pratique des nouveaux médias et la philosophie japonaise ; en particulier le shintoïsme, qui confère un caractère sacré à la nature. Cette pensée animiste, encore vivace à l’époque des technologies connectées, affleure dans Exovisions (2017), une installation composée de pierres, de bois pétrifiés, d’argile prise dans la roche et d’une application de réalité augmentée. Depuis 2016, elle élabore sa série photographique La Naissance des Robots (2016-2020), dans la perspective anthropologique de l’évolution humaine, entre archéologie du futur et robotique androïde. Depuis 2011, elle montre son travail lors d’expositions personnelles en France, Corée du Sud, Japon, Canada, Colombie, Suède et Italie. Elle participe également à des expositions collectives : 7ème Biennale internationale d’Art Contemporain de Moscou, NRW Forum (Düsseldorf), National Museum of Singapore (Singapour), Moscow Museum of Modern Art (Moscou), Institut Itaú Cultural (São Paulo), Cinémathèque Québécoise (Montréal), Irish Museum of Modern Art (Dublin), Mori Art Museum (Tokyo), Barbican Center (Londres).