about
Véronique Béland’s artistic practice lies at the intersection of media arts and literature. For more than fifteen years, she has developed installations that question our relationship to the world by focusing on what escapes our senses yet profoundly shapes the way we inhabit reality. Trained in visual and media arts at the Université du Québec à Montréal, and later graduating from Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains (France) in 2012, she early on explored the narrative potential of digital technologies.
Through computer programming and artificial intelligence tools, she designs generative machines that translate invisible but measurable phenomena into poetic forms. Through various protocols of translation and transcoding, her work opens a narrative space where art, science, and archiving come into dialogue.
Several of her works explore the cosmos and the invisibility of space. With This is Major Tom to Ground Control (2012), created in collaboration with the Paris Observatory, radio waves from space are translated into random text, giving voice to a cosmic activity that is normally inaudible. This research continues with Recombinaison (2015), an interactive installation in which the visitor’s touch activates—through a fragment of meteorite—the generation of short poetic fragments originating from the cosmos.
The human body forms another field of exploration. As We Are Blind (2016) converts physiological data into images and scores, performed in real time by a mechanical piano whose keys move in the absence of any performer. Mécanique d’évaporation des rêves (2018) stages an impossible attempt at archiving: a robotic arm transcribes onto paper dream narratives generated by an artificial intelligence, which light gradually erases—like dreams that evaporate upon waking.
With Haunted Telegraph (2020), she sets up a device for listening to the invisible: a telegraph that analyzes the electromagnetic waves of its environment in search of fragments of language or ghostly voices, situated between scientific hypothesis and spectral imagination.
Her more recent research extends these reflections on the machine as a speculative space. The project En sortie, le scientifique de l’espace, developed with the Centre national d’études spatiales (CNES), explores the ability of an artificial intelligence to design its own plans for space machines. Finally, L’archéosténographe, co-created with Julie Hétu, stages a hybrid machine in which artificial intelligence and mechanical stenotyping generate myths of the future, transcribed into a prehistoric writing inspired by the origins of language.
Through these dispositifs, Véronique Béland approaches technology as a poetic interface: a threshold of translation between the perceptible and the invisible, opening new ways of perceiving, narrating, and imagining the world.
Nominated by
Nils AZIOSMANOFF
Selected work:
L’archéosténographe
Social media:
Website:
www.veroniquebeland.art
CV
Originally from Quebec (Canada), Véronique Béland lived and worked in France from 2010 to 2025, a period during which she developed most of her international artistic career. She is now based again in Montreal, where she continues her artistic practice while serving as literary director of Éditions La Mèche.
A graduate of Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains in 2012, she also holds a Master’s degree in Visual and Media Arts from the Université du Québec à Montréal. Her educational background lies at the intersection of contemporary art, digital technologies, and research-creation. Since 2005, her work has been widely presented in solo and group exhibitions in Canada, the United States, Japan, and numerous European countries (France, Germany, Belgium, Spain, Lithuania, Luxembourg, the Netherlands, and Portugal).
Her works have been shown in major institutions and venues such as Grand Palais Immersif, La Gaîté Lyrique, Le Centquatre, Le Cube – Garges, La Friche Belle de Mai, MAIF Social Club, Fondation EDF, Galerie du Jour agnès b., Canadian Cultural Centre, Centre Wallonie-Bruxelles, Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke, Austin Museum of Art, and the Vilnius Contemporary Art Centre. They have also been presented within several institutional collections and networks, including FRAC Occitanie, FRAC Grand Large, and FRAC Sud.
Her work has also been co-produced and presented at major international festivals and biennials, including Biennale Némo, Chroniques – Biennale des imaginaires numériques, ISEA – International Symposium on Electronic Art, Nova XX, Scopitone, Ososphère, KIKK Festival, Les Bains Numériques, TodaysArt, Lille3000, and Festival ZÉRO1. Her career has been marked by numerous research and production residencies, notably with the Observatoire de l’Espace of the Centre national d’études spatiales (CNES), Knowledge Capital and The Lab in Osaka (Japan), Maison Julien Gracq, the Avatar art center in Quebec, and Le Lieu Multiple in Poitiers.
Alongside her installation work, Véronique Béland also develops a writing practice. She is the author of Elles collectionnent des mondes (Éditions du Renard, 2014), Le vide de la distance n’est nulle part ailleurs (éditions sun|sun, 2016), and Malgré les collines – égarements cartographiques dont vous êtes le héros (éditions sun|sun, 2017). Her texts have also appeared in several journals and collective publications.
Her work has received numerous awards, including the Albert-Dumouchel Prize, the Jacques-de-Tonnancour Prize, the Friends of Le Fresnoy Prize, the Artist’s Book Revelation mention at the Multiple Art Days fair in Paris, the Marguerite Moreau Prize in 2021, and the prestigious World Omosiroi Award (Osaka, Japan) in 2022, recognizing innovative interdisciplinary practices. She has also taught research-creation and art–science methodologies at the University of Lille, La Rochelle Université, and the Université du Québec à Montréal, while maintaining an active program of lectures, workshops, and international collaborations.
Eva L’Hoest (Liège, 1991, Belgique – vit et travaille à Bruxelles ) explore les façons dont toutes les natures d’images mentales, en particulier le souvenir et la réminiscence, trouvent à se re–matérialiser dans une forme technologique. Elle poursuit avant tout l’exploration de la mémoire et de son infime et étrange réalité subsistante. Pièces après pièces, l’artiste s’approprie les technologies de son contemporain pour révéler à la fois leur nature de prothèses d’appréhension du monde et leur potentiel en tant que médium artistique.
Son travail a été récemment présenté à la quinzième Biennale de Lyon, Lyon (France) curaté par le Palais de Tokyo, la Triennale Okayama Art Summit 2019 “IF THE SNAKE” curaté par Pierre Huyghe, Okayama (Japon), « Suspended time, Extended space » Casino Luxembourg (Benelux), « Fluo Noir » (BIP2018, Liege, BE), « WHSS » (Melange, Koln, DE), Mémoires (ADGY Culture Development Co. LtD., Bejing, CH), Trouble Water (Szczecin Museum, Szczecin, PL), « Now Belgium Now» (LLS358, Antwerp, BE), « Chimera : Marcel Berlanger, Djos Janssens et Eva L’Hoest» (Meetfactory, Prague, CZ), « Marres currents #3:Sighseeing » (Maastricht, NL).
Ses films ont été programmés récemment sous la forme d’une performance à la dernière édition du IFFR à Rotterdam, ImagesPassage à Annecy, le MACRo Museum à Rome, les Rencontres Internationales Paris–Berlin en 2018 ainsi que le Visite Film Festival à Anvers.
Mélodie Mousset (*1981, Abu Dhabi, vit à Zurich) utilise son propre corps pour cartographier, indexer et narrer un « soi » qui semble en métamorphose permanente, lui échappant dès qu’elle cherche à en prendre possession. Elle s’intéresse aux processus d’individuation biologiques, techniques, culturels, individuels et collectifs qui forment le corps. Ces questions anthropologiques et philosophiques prennent forme dans des vidéos, sculptures, installations, performances ou de la réalité virtuelle.
Dans le film Intra Aura Mélodie Mousset entreprend une recherche intense et de longue durée pour approfondir cet intérêt pour le corps, son intériorité phsychique et organique. Elle s’approprie des technologies de visualisation médicales (IRM, impression 3D), les met en rapport avec des rites chamaniques des « curanderos » Mazatèques qu’elle rencontre au cours d’un voyage au Mexique et les combine avec un travail plastique et filmographique.
Avec HanaHana, Mélodie Mousset prolonge cet intérêt pour une narration onirique, une curiosité pour la perméabilité des limites corporelles et un détournement artistique des technologies de pointe. En empruntant la forme du jeu interactif et collaboratif, cette œuvre de réalité virtuelle constitue un environnement fantastique immersif. Chacun.e peut générer des formes et laisser des traces de son passage dans ce désert habité par des sculptures archaïques où fleurissent des mains humaines de toutes tailles et couleurs. Les joueuses et joueurs peuvent se téléporter et multiplier leurs corps à l’extérieur d’eux mêmes et, en version connectée, interagir avec des joueurs qui se trouvent à d’autres endroits. L’espace d’exposition devient ainsi un espace partagé, à la frontière de l’intime et du public, virtuel tout autant que réel.
La combinaison de la musique envoûtante avec l’audio interactif, généré en temps réel par les activités et gestes des joueuses et des joueurs, est également une composante essentielle de cet environnement multi-sensoriel. Dernièrement, Mélodie Mousset fouille particulièrement l’aspect interactif et musical de la réalité virtuelle et cherche à développer un nouveau langage de programmation et d’expérience musicale.
La pratique de Mélodie Mousset s’inscrit profondément dans l’expérience d’un monde contemporain déroutant, défini par ce contraste entre le numérique et le corporel. Avec ses œuvres nous sommes amenés à nous questionner comment se positionnent, dans cet environnement de plus en plus dirigé par les technologies numériques, les corps humains physiques, réels, opaques, vivants, remplis d’organes, porteurs d’une intériorité mentale et psychique, avec des recoins riches d’imagination. Comme le dit l’écrivain et vidéaste américaine Chris Kraus : « Mousset’s associative process is so rich. She fully believes in her own imagination and the logical or alogical digressions that shape an inner life. » (424 mots)
– Claire Hoffmann
Justine Emard (née en 1987) explore les nouvelles relations qui s’instaurent entre nos existences et la technologie.En associant les différents médiums de l’image – photographie, vidéo, réalité virtuelle et performance -, elle situe son travail dans un flux entre la robotique, les neurosciences, la vie organique et
l’intelligence artificielle.
De la création d’un dialogue entre un robot androïde et une psychologue (Erika, film de recherche,2016), à la matérialisation de rêves en impressions 3D (Dance Me Deep, 2020), en passant par une performance avec un moine bouddhiste (Heavy Requiem, 2019), ses œuvres tissent de nouveaux récits, issus d’interactions humains-machines et de l’incarnation de données. Dans Co(AI)xistence (2017), elle met en scène une première rencontre entre deux formes de vies différentes : un danseur/acteur, Mirai Moriyama, et le robot Alter, animé par une forme de vie primitive basée sur un système neuronal, une intelligence artificielle (IA) programmée par le laboratoire de Takashi Ikegami (Université de Tokyo), dont l’incarnation humanoïde a été créée par le laboratoire de Hiroshi Ishiguro (Université d’Osaka).
Grâce à un système d’apprentissage profond, l’IA apprend de l’humain, comme l’humain apprend de la machine, pour tenter de définir de nouvelles perspectives de coexistence. Une esquisse des possibilités du futur apparaît dans Soul Shift (2019) et Symbiotic Rituals (2019), lorsque différentes générations de robots commencent à se reconnaître. Leur apparence minimale autorise une projection émotionnelle, en ouvrant un espace pour l’imagination. Le Japon, que l’artiste a découvert en 2012 et où elle continue de se rendre régulièrement, a sensiblement marqué son travail. Au cours de ses multiples séjours, elle a exploré les connexions entre sa pratique des nouveaux médias et la philosophie japonaise ; en particulier le shintoïsme, qui confère un caractère sacré à la nature. Cette pensée animiste, encore vivace à l’époque des technologies connectées, affleure dans Exovisions (2017), une installation composée de pierres, de bois pétrifiés, d’argile prise dans la roche et d’une application de réalité augmentée. Depuis 2016, elle élabore sa série photographique La Naissance des Robots (2016-2020), dans la perspective anthropologique de l’évolution humaine, entre archéologie du futur et robotique androïde. Depuis 2011, elle montre son travail lors d’expositions personnelles en France, Corée du Sud, Japon, Canada, Colombie, Suède et Italie. Elle participe également à des expositions collectives : 7ème Biennale internationale d’Art Contemporain de Moscou, NRW Forum (Düsseldorf), National Museum of Singapore (Singapour), Moscow Museum of Modern Art (Moscou), Institut Itaú Cultural (São Paulo), Cinémathèque Québécoise (Montréal), Irish Museum of Modern Art (Dublin), Mori Art Museum (Tokyo), Barbican Center (Londres).