a propos
Primavera De Filippi est une artiste, chercheuse et juriste qui explore les intersections entre l’art, le droit et la technologie. Directrice de recherche au CNRS à Paris et Faculty Associate au Berkman Klein Center for Internet & Society de l’Université Harvard, elle consacre ses travaux aux défis juridiques et politiques soulevés par les technologies décentralisées et l’intelligence artificielle.
Sa pratique artistique incarne les conclusions de ses recherches dans le monde physique, donnant vie à des créatures hybrides qui existent simultanément dans l’espace numérique et matériel. En 2007, elle lance Kopfschlag.cc, l’une des premières plateformes collaboratives de dessin en ligne, permettant à des internautes du monde entier de co-créer des œuvres collectives dans un espace anonyme et non censuré. En 2010, elle cofonde le collectif artistique okhaos, dédié à la création de sculptures interactives — des « algorithmes mécaniques » — qui transposent des concepts numériques dans le monde tangible.
C’est en 2014 qu’elle initie le projet Plantoid, oeuvre phare de sa démarche artistique. Les Plantoids sont des formes de vie végétales autonomes basées sur la blockchain : ces sculptures mécaniques se nourrissent de cryptomonnaies et utilisent ces fonds pour se reproduire en commanditant des artistes pour créer de nouvelles versions d’elles-mêmes. Incarnation artistique du concept d’Organisation Autonome Décentralisée (DAO), les Plantoids questionnent les notions de propriété, d’autonomie et de gouvernance à l’ère numérique. Aujourd’hui, treize Plantoids peuplent quatre continents, formant une espèce en constante évolution.
Les oeuvres de Primavera De Filippi ont été exposées dans de nombreux musées, galeries et foires d’art à travers le monde : Ars Electronica et Francisco Carolinum (Linz), HEK Museum of Digital Arts (Bâle),
Kate Vass Gallery (Zurich), Furtherfield Gallery et Gazelli Art House (Londres), Centre Pompidou, Grand Palais, Gaîté Lyrique, Le Cent Quatre et Artverse (Paris), Palazzo Cipolla et la Biennale de Venise (Italie), ainsi que le Fort Mason Center For Arts & Culture (San Francisco). Son travail a également été présenté lors defestivals emblématiques tels que Burning Man, Fusion Festival et Synesthesia, ainsi que dans des galeries en ligne comme Feral File.
À travers son oeuvre, Primavera De Filippi interroge notre rapport aux technologies émergentes et imagine de nouvelles formes de création artistique où l’humain, la machine et le code cohabitent et co-évoluent. Son travail nous invite à repenser les frontières entre le vivant et l’artificiel, l’individuel et le collectif, l’art et le droit.
Vidéo à venir…
CV
2025
● Automata, Basel, Switzerland (June 16-22)
● Artverse (Arborithms, Plantoid, Artist-present, Flora Byteanica, Animals, Protocolites, Kopfschlag), Paris (Oct 10-20)
● Gazelli Art House (Arborithms, Plantoid, Artist-present), London (Oct 3 – Dec 19)
● NEORT++ (Arborithms), Tokyo (Dec 5-21)
2024
● MIRABIL’IA, CDA Enghien-les-Bains (June 13 – July 13)
● Fey Arts, Château du Fey (May)
● Sotheby’s
● Dubai Art Fair
● NFT Paris
● Gazelli Art House, London
2023
● HEK Basel — « Exploring the Decentralized Web », Basel (Sept 9 – Nov 12)
● Art Basel Conversations, Basel (June 17)
● NFT Art Day, Kunsthalle Zurich (June 11)
● BOTH/AND, Meet Cultural Center (June 13)
● Feral File — « SOURCE » (Online, Aug 29)
● Palazzo Cipolla — « Ipotesi Metaverso », Rome (April 5 – July 23)
2021
● Francisco Carolinum — « Proof of Art », Linz (June 10 – Sept 15)
2019
● La Biennale di Venezia — « Clandestine Talks / CRYPTO » (Nov 3)
● Ars Electronica — « Strange Temporalities », Linz (Sept 5-9)
● Fort Mason Center for Arts & Culture — « Reclaiming The Future », San Francisco (Aug 17)
● Kate Vass Gallery — « Automat und Mensch », Zurich (May 29 – Oct 15)
● Gaîté Lyrique — « New Kids on the Blockchain », Paris (Feb 19 – March 24)
2018
● Burning Man — « I Robot », Black Rock City (Aug 26 – Sept 3)
● Grand Palais — « Artistes et Robots », Paris
● MAIF Social Club — « Attention Intelligences! », Paris (May 18 – Aug 2)
● Ethereal Art Gallery, New York (May 11-12)
● Aksioma Institute for Contemporary Art, Ljubljana
● Drugo More / Filodrammatica Gallery, Rijeka
2017
● Furtherfield Gallery — « New World Order », London (May 20 – June 25)
2013
● Centre Pompidou, Paris
● Kinetica Art Fair, London
● Fusion Festival, Germany
● La Gaîté Lyrique, Paris
2012
● Le Cent Quatre — « Futur en Seine », Paris
● Nuit Blanche, Mûrs à Pêches, Paris
2011
● Nowhere Festival, Saragoza, Spain
2010
● Burning Man Italia, Alviano, Italy
Eva L’Hoest (Liège, 1991, Belgique – vit et travaille à Bruxelles ) explore les façons dont toutes les natures d’images mentales, en particulier le souvenir et la réminiscence, trouvent à se re–matérialiser dans une forme technologique. Elle poursuit avant tout l’exploration de la mémoire et de son infime et étrange réalité subsistante. Pièces après pièces, l’artiste s’approprie les technologies de son contemporain pour révéler à la fois leur nature de prothèses d’appréhension du monde et leur potentiel en tant que médium artistique.
Son travail a été récemment présenté à la quinzième Biennale de Lyon, Lyon (France) curaté par le Palais de Tokyo, la Triennale Okayama Art Summit 2019 “IF THE SNAKE” curaté par Pierre Huyghe, Okayama (Japon), « Suspended time, Extended space » Casino Luxembourg (Benelux), « Fluo Noir » (BIP2018, Liege, BE), « WHSS » (Melange, Koln, DE), Mémoires (ADGY Culture Development Co. LtD., Bejing, CH), Trouble Water (Szczecin Museum, Szczecin, PL), « Now Belgium Now» (LLS358, Antwerp, BE), « Chimera : Marcel Berlanger, Djos Janssens et Eva L’Hoest» (Meetfactory, Prague, CZ), « Marres currents #3:Sighseeing » (Maastricht, NL).
Ses films ont été programmés récemment sous la forme d’une performance à la dernière édition du IFFR à Rotterdam, ImagesPassage à Annecy, le MACRo Museum à Rome, les Rencontres Internationales Paris–Berlin en 2018 ainsi que le Visite Film Festival à Anvers.
Mélodie Mousset (*1981, Abu Dhabi, vit à Zurich) utilise son propre corps pour cartographier, indexer et narrer un « soi » qui semble en métamorphose permanente, lui échappant dès qu’elle cherche à en prendre possession. Elle s’intéresse aux processus d’individuation biologiques, techniques, culturels, individuels et collectifs qui forment le corps. Ces questions anthropologiques et philosophiques prennent forme dans des vidéos, sculptures, installations, performances ou de la réalité virtuelle.
Dans le film Intra Aura Mélodie Mousset entreprend une recherche intense et de longue durée pour approfondir cet intérêt pour le corps, son intériorité phsychique et organique. Elle s’approprie des technologies de visualisation médicales (IRM, impression 3D), les met en rapport avec des rites chamaniques des « curanderos » Mazatèques qu’elle rencontre au cours d’un voyage au Mexique et les combine avec un travail plastique et filmographique.
Avec HanaHana, Mélodie Mousset prolonge cet intérêt pour une narration onirique, une curiosité pour la perméabilité des limites corporelles et un détournement artistique des technologies de pointe. En empruntant la forme du jeu interactif et collaboratif, cette œuvre de réalité virtuelle constitue un environnement fantastique immersif. Chacun.e peut générer des formes et laisser des traces de son passage dans ce désert habité par des sculptures archaïques où fleurissent des mains humaines de toutes tailles et couleurs. Les joueuses et joueurs peuvent se téléporter et multiplier leurs corps à l’extérieur d’eux mêmes et, en version connectée, interagir avec des joueurs qui se trouvent à d’autres endroits. L’espace d’exposition devient ainsi un espace partagé, à la frontière de l’intime et du public, virtuel tout autant que réel.
La combinaison de la musique envoûtante avec l’audio interactif, généré en temps réel par les activités et gestes des joueuses et des joueurs, est également une composante essentielle de cet environnement multi-sensoriel. Dernièrement, Mélodie Mousset fouille particulièrement l’aspect interactif et musical de la réalité virtuelle et cherche à développer un nouveau langage de programmation et d’expérience musicale.
La pratique de Mélodie Mousset s’inscrit profondément dans l’expérience d’un monde contemporain déroutant, défini par ce contraste entre le numérique et le corporel. Avec ses œuvres nous sommes amenés à nous questionner comment se positionnent, dans cet environnement de plus en plus dirigé par les technologies numériques, les corps humains physiques, réels, opaques, vivants, remplis d’organes, porteurs d’une intériorité mentale et psychique, avec des recoins riches d’imagination. Comme le dit l’écrivain et vidéaste américaine Chris Kraus : « Mousset’s associative process is so rich. She fully believes in her own imagination and the logical or alogical digressions that shape an inner life. » (424 mots)
– Claire Hoffmann
Justine Emard (née en 1987) explore les nouvelles relations qui s’instaurent entre nos existences et la technologie.En associant les différents médiums de l’image – photographie, vidéo, réalité virtuelle et performance -, elle situe son travail dans un flux entre la robotique, les neurosciences, la vie organique et
l’intelligence artificielle.
De la création d’un dialogue entre un robot androïde et une psychologue (Erika, film de recherche,2016), à la matérialisation de rêves en impressions 3D (Dance Me Deep, 2020), en passant par une performance avec un moine bouddhiste (Heavy Requiem, 2019), ses œuvres tissent de nouveaux récits, issus d’interactions humains-machines et de l’incarnation de données. Dans Co(AI)xistence (2017), elle met en scène une première rencontre entre deux formes de vies différentes : un danseur/acteur, Mirai Moriyama, et le robot Alter, animé par une forme de vie primitive basée sur un système neuronal, une intelligence artificielle (IA) programmée par le laboratoire de Takashi Ikegami (Université de Tokyo), dont l’incarnation humanoïde a été créée par le laboratoire de Hiroshi Ishiguro (Université d’Osaka).
Grâce à un système d’apprentissage profond, l’IA apprend de l’humain, comme l’humain apprend de la machine, pour tenter de définir de nouvelles perspectives de coexistence. Une esquisse des possibilités du futur apparaît dans Soul Shift (2019) et Symbiotic Rituals (2019), lorsque différentes générations de robots commencent à se reconnaître. Leur apparence minimale autorise une projection émotionnelle, en ouvrant un espace pour l’imagination. Le Japon, que l’artiste a découvert en 2012 et où elle continue de se rendre régulièrement, a sensiblement marqué son travail. Au cours de ses multiples séjours, elle a exploré les connexions entre sa pratique des nouveaux médias et la philosophie japonaise ; en particulier le shintoïsme, qui confère un caractère sacré à la nature. Cette pensée animiste, encore vivace à l’époque des technologies connectées, affleure dans Exovisions (2017), une installation composée de pierres, de bois pétrifiés, d’argile prise dans la roche et d’une application de réalité augmentée. Depuis 2016, elle élabore sa série photographique La Naissance des Robots (2016-2020), dans la perspective anthropologique de l’évolution humaine, entre archéologie du futur et robotique androïde. Depuis 2011, elle montre son travail lors d’expositions personnelles en France, Corée du Sud, Japon, Canada, Colombie, Suède et Italie. Elle participe également à des expositions collectives : 7ème Biennale internationale d’Art Contemporain de Moscou, NRW Forum (Düsseldorf), National Museum of Singapore (Singapour), Moscow Museum of Modern Art (Moscou), Institut Itaú Cultural (São Paulo), Cinémathèque Québécoise (Montréal), Irish Museum of Modern Art (Dublin), Mori Art Museum (Tokyo), Barbican Center (Londres).