a propos
aurèce vettier est un projet artistique fondé en 2019 par Paul Mouginot (né en 1990). Cet alias, généré par un algorithme, incarne une approche collaborative, ouverte et hybride, brouillant les frontières entre intention humaine et potentialités générées par la machine.
Au cœur de la pratique d’aurèce vettier se déploie un va-et-vient constant entre deux dimensions entremêlées : une sur-nature et une sur-réalité. La sur-nature émerge d’explorations algorithmiques de formes organiques — notamment dans la série Potential Herbariums, où l’IA génère des flores impossibles entraînées sur des millions de spécimens botaniques. Ces plantes spectrales, transposées en peintures à l’huile, sculptures en bronze et tapisseries, interrogent notre désir contemporain de numériser, de sacraliser puis, en définitive, d’effacer la nature.
Malgré l’ampleur des jeux de données, l’intelligence artificielle peine à reproduire la logique adaptative du vivant, produisant au contraire un écosystème fragile et auto-destructeur — une nature « anti-darwinienne » évoquant les paysages oniriques du Mont Analogue, le roman philosophique inachevé de René Daumal.
Parallèlement, la sur-réalité explore le subconscient comme espace de création pilotée par l’IA. Depuis 2021, aurèce vettier développe et entraîne des modèles d’intelligence artificielle personnalisés à partir d’archives personnelles — photographies d’enfance, documents familiaux, traces numériques — afin de générer des compositions visuelles oniriques fondées sur ses souvenirs à l’état d’éveil. Cette fusion entre mémoire intime et reconstruction algorithmique a donné naissance à le travail des rêves, un corpus d’œuvres matérialisé à travers diverses techniques artisanales, incluant peinture, sculpture, bas-reliefs et médiums textiles tels que la tapisserie.
Plutôt que de considérer l’IA comme un simple outil, aurèce vettier l’aborde comme un collaborateur — une entité introduisant rupture, anomalie et accident poétique dans le processus de création. En naviguant constamment entre traitement computationnel et expérimentation matérielle, son travail prolonge l’héritage de l’art génératif tout en interrogeant les limites mêmes de l’intelligence artificielle.
La poésie constitue l’ossature de l’ensemble de sa démarche, depuis son premier recueil assisté par IA, Elegia Machina (2019), jusqu’à sa pratique sculpturale et picturale actuelle. Qu’il s’agisse de distorsions algorithmiques du langage, du paysage ou de la mémoire, son œuvre opère au seuil du connu et de l’inconnu — explorant sans cesse l’espace situé entre la conscience humaine et le regard étranger de la machine.
CV
exhibitions
solo shows
2025 – as the world enters into resonance, darmo, Paris
2024 – forêt, tentative, , darmo, Antibes
2024 – le travail des rêves, curated by Stina Gustafsson, Bigaignon, Paris
2022 – Circular Ruins, curated by Dayneris Brito, darmo & Gismondi, Paris
2022 – Wind Fragments , Cultural Foundation of Tinos, Greece
2021 – Opus Sectile : from hard stone marquetery to aurèce vettier , darmo & Gismondi, Paris
group shows
2025 – Echoes of the Past, Promises of the Future, macLYON, Lyon, France
2025 –The World Through AI, Jeu de Paume, Paris
2024 – Bergdorf Goodman, The Spaceless Gallery, New York City, USA
2024 – New York Design Week x Villa Albertine, Studio Gohard x The Spaceless Gallery, New York City, USA
2023 – Mazarine, 30 years to dream tomorrow, curated by Jérôme Sans, Paris, France
2023 – What plants have to say, Le Grenier à Sel, Avignon, France
2023 – Symphonie Pastorale, Galerie Gosserez, Paris, France
2023 – Techno Terrain : Nature in the age of the Metaverse, EXPANDED.ART, Berlin, Germany
2023 – AD.VM.AV.IA, collaboration with Vera Molnár, curated by Vincent Baby, Le Transfo, Paris
2023 – POÈME SBJKT, Librairie Métamorphoses, Paris
2022 – POÈME OBJKT, Avant-Galerie Vossen, Paris
2022 – Musée des Archives Nationales, Paris, Collaboration with Gilles & Boissier
2022 – SuperRare gallery x theVERSEverse, New York City, USA
2022 – Tellus Meta, curated by Victoire de Pourtalès, Brownstone Foundation, Paris
2022 – Sillons, curated by Elora Weill-Engerer, Association Fertiles, Paris
2022 – NFT Paris with Museum of Contemporary Digital Art
2021 – Proxima, Gucci & A Magazine Curated By, darmo & Gismondi, Paris
2021 – Liminal Territories, curated by Filippo Lorenzin, pal-project, Paris
2020 – Programme Spécial, curated by Gael Charbau & Yvannoe Kruger, La Méditerranée, Poush, Clichy
art fairs
2026 – Art Paris with The Spaceless Gallery, Paris
2025 – Design Miami with The Spaceless Gallery, Miami, USA
2024 – Aspen Art Fair with The Spaceless Gallery, Aspen, USA
2024 – NOMAD with The Spaceless Gallery, St Moritz, Switzerland
2024 – Paris Photo, Paris
2024 – The Digital Art Mile, Basel, Switzerland
2023 – Art Paris with The Spaceless Gallery, Paris
2022 – Asia Now with 91530 Le Marais, Paris
2022 – TEFAF Maastricht with darmo & Gismondi, Paris
residencies
2025 – GLITCH Residency V, Château du Feÿ, France
2024 – GLITCH Residency IV, Château du Feÿ, France
2024 – Dragon Hill Residency, Mouans-Sartoux, France
2023 – GLITCH Residency III, Château du Feÿ, France
2022 – GLITCH Residency II, Château du Feÿ, France
2022 – Kinono Art Gathering, Tinos, Greece
2021 – GLITCH Residency I, Château du Feÿ, France
prizes
2025 – Finalist, Lumen Prize, Still Image Award and Hybrid Award, Kristiansand, Norway
2024 – Finalist, Lumen Prize,
Still Image Award, London, United Kingdom
2020 – Grand Prix, AI.ART Gallery Award, South Korea
Eva L’Hoest (Liège, 1991, Belgique – vit et travaille à Bruxelles ) explore les façons dont toutes les natures d’images mentales, en particulier le souvenir et la réminiscence, trouvent à se re–matérialiser dans une forme technologique. Elle poursuit avant tout l’exploration de la mémoire et de son infime et étrange réalité subsistante. Pièces après pièces, l’artiste s’approprie les technologies de son contemporain pour révéler à la fois leur nature de prothèses d’appréhension du monde et leur potentiel en tant que médium artistique.
Son travail a été récemment présenté à la quinzième Biennale de Lyon, Lyon (France) curaté par le Palais de Tokyo, la Triennale Okayama Art Summit 2019 “IF THE SNAKE” curaté par Pierre Huyghe, Okayama (Japon), « Suspended time, Extended space » Casino Luxembourg (Benelux), « Fluo Noir » (BIP2018, Liege, BE), « WHSS » (Melange, Koln, DE), Mémoires (ADGY Culture Development Co. LtD., Bejing, CH), Trouble Water (Szczecin Museum, Szczecin, PL), « Now Belgium Now» (LLS358, Antwerp, BE), « Chimera : Marcel Berlanger, Djos Janssens et Eva L’Hoest» (Meetfactory, Prague, CZ), « Marres currents #3:Sighseeing » (Maastricht, NL).
Ses films ont été programmés récemment sous la forme d’une performance à la dernière édition du IFFR à Rotterdam, ImagesPassage à Annecy, le MACRo Museum à Rome, les Rencontres Internationales Paris–Berlin en 2018 ainsi que le Visite Film Festival à Anvers.
Mélodie Mousset (*1981, Abu Dhabi, vit à Zurich) utilise son propre corps pour cartographier, indexer et narrer un « soi » qui semble en métamorphose permanente, lui échappant dès qu’elle cherche à en prendre possession. Elle s’intéresse aux processus d’individuation biologiques, techniques, culturels, individuels et collectifs qui forment le corps. Ces questions anthropologiques et philosophiques prennent forme dans des vidéos, sculptures, installations, performances ou de la réalité virtuelle.
Dans le film Intra Aura Mélodie Mousset entreprend une recherche intense et de longue durée pour approfondir cet intérêt pour le corps, son intériorité phsychique et organique. Elle s’approprie des technologies de visualisation médicales (IRM, impression 3D), les met en rapport avec des rites chamaniques des « curanderos » Mazatèques qu’elle rencontre au cours d’un voyage au Mexique et les combine avec un travail plastique et filmographique.
Avec HanaHana, Mélodie Mousset prolonge cet intérêt pour une narration onirique, une curiosité pour la perméabilité des limites corporelles et un détournement artistique des technologies de pointe. En empruntant la forme du jeu interactif et collaboratif, cette œuvre de réalité virtuelle constitue un environnement fantastique immersif. Chacun.e peut générer des formes et laisser des traces de son passage dans ce désert habité par des sculptures archaïques où fleurissent des mains humaines de toutes tailles et couleurs. Les joueuses et joueurs peuvent se téléporter et multiplier leurs corps à l’extérieur d’eux mêmes et, en version connectée, interagir avec des joueurs qui se trouvent à d’autres endroits. L’espace d’exposition devient ainsi un espace partagé, à la frontière de l’intime et du public, virtuel tout autant que réel.
La combinaison de la musique envoûtante avec l’audio interactif, généré en temps réel par les activités et gestes des joueuses et des joueurs, est également une composante essentielle de cet environnement multi-sensoriel. Dernièrement, Mélodie Mousset fouille particulièrement l’aspect interactif et musical de la réalité virtuelle et cherche à développer un nouveau langage de programmation et d’expérience musicale.
La pratique de Mélodie Mousset s’inscrit profondément dans l’expérience d’un monde contemporain déroutant, défini par ce contraste entre le numérique et le corporel. Avec ses œuvres nous sommes amenés à nous questionner comment se positionnent, dans cet environnement de plus en plus dirigé par les technologies numériques, les corps humains physiques, réels, opaques, vivants, remplis d’organes, porteurs d’une intériorité mentale et psychique, avec des recoins riches d’imagination. Comme le dit l’écrivain et vidéaste américaine Chris Kraus : « Mousset’s associative process is so rich. She fully believes in her own imagination and the logical or alogical digressions that shape an inner life. » (424 mots)
– Claire Hoffmann
Justine Emard (née en 1987) explore les nouvelles relations qui s’instaurent entre nos existences et la technologie.En associant les différents médiums de l’image – photographie, vidéo, réalité virtuelle et performance -, elle situe son travail dans un flux entre la robotique, les neurosciences, la vie organique et
l’intelligence artificielle.
De la création d’un dialogue entre un robot androïde et une psychologue (Erika, film de recherche,2016), à la matérialisation de rêves en impressions 3D (Dance Me Deep, 2020), en passant par une performance avec un moine bouddhiste (Heavy Requiem, 2019), ses œuvres tissent de nouveaux récits, issus d’interactions humains-machines et de l’incarnation de données. Dans Co(AI)xistence (2017), elle met en scène une première rencontre entre deux formes de vies différentes : un danseur/acteur, Mirai Moriyama, et le robot Alter, animé par une forme de vie primitive basée sur un système neuronal, une intelligence artificielle (IA) programmée par le laboratoire de Takashi Ikegami (Université de Tokyo), dont l’incarnation humanoïde a été créée par le laboratoire de Hiroshi Ishiguro (Université d’Osaka).
Grâce à un système d’apprentissage profond, l’IA apprend de l’humain, comme l’humain apprend de la machine, pour tenter de définir de nouvelles perspectives de coexistence. Une esquisse des possibilités du futur apparaît dans Soul Shift (2019) et Symbiotic Rituals (2019), lorsque différentes générations de robots commencent à se reconnaître. Leur apparence minimale autorise une projection émotionnelle, en ouvrant un espace pour l’imagination. Le Japon, que l’artiste a découvert en 2012 et où elle continue de se rendre régulièrement, a sensiblement marqué son travail. Au cours de ses multiples séjours, elle a exploré les connexions entre sa pratique des nouveaux médias et la philosophie japonaise ; en particulier le shintoïsme, qui confère un caractère sacré à la nature. Cette pensée animiste, encore vivace à l’époque des technologies connectées, affleure dans Exovisions (2017), une installation composée de pierres, de bois pétrifiés, d’argile prise dans la roche et d’une application de réalité augmentée. Depuis 2016, elle élabore sa série photographique La Naissance des Robots (2016-2020), dans la perspective anthropologique de l’évolution humaine, entre archéologie du futur et robotique androïde. Depuis 2011, elle montre son travail lors d’expositions personnelles en France, Corée du Sud, Japon, Canada, Colombie, Suède et Italie. Elle participe également à des expositions collectives : 7ème Biennale internationale d’Art Contemporain de Moscou, NRW Forum (Düsseldorf), National Museum of Singapore (Singapour), Moscow Museum of Modern Art (Moscou), Institut Itaú Cultural (São Paulo), Cinémathèque Québécoise (Montréal), Irish Museum of Modern Art (Dublin), Mori Art Museum (Tokyo), Barbican Center (Londres).