a propos
Alessandro Bavari, artiste italo-français diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Rome, est attiré depuis l’enfance par la photographie, la peinture et la musique. Au fil du temps, il a expérimenté différentes techniques picturales et exploré la photographie comme médium d’expression à part entière, au même titre que les autres disciplines, en les mêlant et en les faisant dialoguer.
Artiste visuel expérimental et visionnaire, ainsi que pionnier dans l’utilisation des technologies appliquées à la recherche créative depuis 1993, son travail s’étend de la peinture à la photographie et à l’animation expérimentale. En 2022, il entame un parcours d’exploration consacré aux multiples possibilités expressives et pratiques offertes par l’intelligence artificielle, en s’intéressant tout particulièrement aux intersections potentielles avec les méthodes et langages traditionnels, dans le but de transmuter et de transformer la sémantique visuelle en de nouvelles approches esthétiques.
Crédit photo @Sara Aliscion
En 2011, il remporte la Golden Nica au Prix Ars Electronica avec Metachaos, premier prix de la meilleure animation.
C’est grâce à cette vidéo futuriste qu’en 2017 Alessandro est contacté par 20th Century Fox en tant que concept artist pour le film Alien: Covenant, à la suite d’un appel direct de Sir Ridley Scott.
Il poursuit son activité comme directeur artistique dans le cinéma, collaborant avec des réalisateurs tels que Gabriele Lavia et Luca Guadagnino, ainsi que comme concept artist et art director dans le domaine du jeu vidéo.
Outre la Golden Nica, il a reçu de nombreuses distinctions, parmi lesquelles le Digital Hall of Fame Award aux 3D Festival Awards de Copenhague, le prix Photo-realistic Images lors de la compétition européenne Adobe The Power of Design à Londres, le 2001 International Digital Art Award en Australie, ainsi que des récompenses aux Clio Awards, One Show Awards, Art Director Club Awards, et bien d’autres encore.
Ses œuvres ont été publiées dans des centaines de magazines et de livres d’art et font l’objet d’études continues dans des universités et instituts du monde entier.
Il a exposé dans de nombreuses galeries et musées, notamment au Guinness Storehouse à Dublin, au musée d’art de Jyväskylä en Finlande, à l’exposition State of Digital Art au Devos Art Museum aux États-Unis, au Digital Hall of Fame à Stockholm, au Palais des Arts de Naples, au musée d’art d’Itabashi à Tokyo, au Mimi and Ian Rolland Art and Visual Communication Center aux États-Unis, au FIMA – Festival International Montréal en Arts au Canada, à Kronos Art BCN 2020 à Barcelone, à la DigitalArt Factory de Rome, ainsi que dans de nombreux autres lieux.
Artiste aux multiples facettes, il vit en Italie où il travaille comme artiste visuel, peintre, photographe, directeur artistique et musicien. Il collabore actuellement avec la co-autrice Sara Aliscioni sur des projets éditoriaux et vidéo.
Nominé(e) par:
Majid SEDATTI
Oeuvre choisie:
Artefacts
Réseaux sociaux:
Site web:
www.alessandrobavari.com
CV
Artifacts d’Alessandro Bavari et Sara Aliscioni est une méditation métaphysique sur l’identité, sur l’illusion de la visibilité comme seule forme d’existence et sur la frontière fragile entre être et paraître. Il s’agit d’un voyage esthétique et visionnaire au cœur d’un monde où tout naît de la lumière et où, sans le regard des autres, tout s’évanouit.
Dans le noir et blanc raréfié d’un diorama onirique évoluent des figures surréelles : êtres métalliques, masques luisants, corps fragmentés et géométries artificielles. Ce sont les Artefacts — personnages hédonistes et narcissiques, sans racines ni mémoire, enfants du présent et de la lumière. Ils se matérialisent dans un éclat fulgurant et n’existent qu’aussi longtemps qu’ils sont vus, admirés, désirés. Leur scène est un théâtre des apparences, où exister signifie être regardé. Nourris par les yeux des autres, par la surface et la vanité, ces êtres éphémères ne possèdent aucun soi authentique — seulement l’image réfléchie qui les maintient en vie.
À leurs côtés évoluent les Anonymes : êtres ternes, dépourvus de grâce et de sens, sans volonté ni lumière intérieure. Enfin émergent les Invisibles — créatures rares qui ne brillent pas d’une lumière réfléchie, mais portent en elles une lumière authentique : linceuls spectraux, traces subtiles d’une âme qui a éprouvé et connu la compassion.
Le texte de Sara Aliscioni et la vidéo d’Alessandro Bavari construisent un univers symbolique et archétypal, suspendu entre le sacré et le post-humain, où tout se déploie dans un présent éternel et intemporel. L’ensemble du dispositif narratif se déploie sur une scène qui rappelle la solennité raréfiée de la peinture métaphysique, les courants modernistes et les réflexions sur l’hyperréalité et le simulacre formulées par Jean Baudrillard, selon lequel le signe précède et produit le réel plutôt qu’il n’en dérive, laissant à la réalité la seule possibilité de survivre comme effet de l’image qui la met en scène.
Eva L’Hoest (Liège, 1991, Belgique – vit et travaille à Bruxelles ) explore les façons dont toutes les natures d’images mentales, en particulier le souvenir et la réminiscence, trouvent à se re–matérialiser dans une forme technologique. Elle poursuit avant tout l’exploration de la mémoire et de son infime et étrange réalité subsistante. Pièces après pièces, l’artiste s’approprie les technologies de son contemporain pour révéler à la fois leur nature de prothèses d’appréhension du monde et leur potentiel en tant que médium artistique.
Son travail a été récemment présenté à la quinzième Biennale de Lyon, Lyon (France) curaté par le Palais de Tokyo, la Triennale Okayama Art Summit 2019 “IF THE SNAKE” curaté par Pierre Huyghe, Okayama (Japon), « Suspended time, Extended space » Casino Luxembourg (Benelux), « Fluo Noir » (BIP2018, Liege, BE), « WHSS » (Melange, Koln, DE), Mémoires (ADGY Culture Development Co. LtD., Bejing, CH), Trouble Water (Szczecin Museum, Szczecin, PL), « Now Belgium Now» (LLS358, Antwerp, BE), « Chimera : Marcel Berlanger, Djos Janssens et Eva L’Hoest» (Meetfactory, Prague, CZ), « Marres currents #3:Sighseeing » (Maastricht, NL).
Ses films ont été programmés récemment sous la forme d’une performance à la dernière édition du IFFR à Rotterdam, ImagesPassage à Annecy, le MACRo Museum à Rome, les Rencontres Internationales Paris–Berlin en 2018 ainsi que le Visite Film Festival à Anvers.
Mélodie Mousset (*1981, Abu Dhabi, vit à Zurich) utilise son propre corps pour cartographier, indexer et narrer un « soi » qui semble en métamorphose permanente, lui échappant dès qu’elle cherche à en prendre possession. Elle s’intéresse aux processus d’individuation biologiques, techniques, culturels, individuels et collectifs qui forment le corps. Ces questions anthropologiques et philosophiques prennent forme dans des vidéos, sculptures, installations, performances ou de la réalité virtuelle.
Dans le film Intra Aura Mélodie Mousset entreprend une recherche intense et de longue durée pour approfondir cet intérêt pour le corps, son intériorité phsychique et organique. Elle s’approprie des technologies de visualisation médicales (IRM, impression 3D), les met en rapport avec des rites chamaniques des « curanderos » Mazatèques qu’elle rencontre au cours d’un voyage au Mexique et les combine avec un travail plastique et filmographique.
Avec HanaHana, Mélodie Mousset prolonge cet intérêt pour une narration onirique, une curiosité pour la perméabilité des limites corporelles et un détournement artistique des technologies de pointe. En empruntant la forme du jeu interactif et collaboratif, cette œuvre de réalité virtuelle constitue un environnement fantastique immersif. Chacun.e peut générer des formes et laisser des traces de son passage dans ce désert habité par des sculptures archaïques où fleurissent des mains humaines de toutes tailles et couleurs. Les joueuses et joueurs peuvent se téléporter et multiplier leurs corps à l’extérieur d’eux mêmes et, en version connectée, interagir avec des joueurs qui se trouvent à d’autres endroits. L’espace d’exposition devient ainsi un espace partagé, à la frontière de l’intime et du public, virtuel tout autant que réel.
La combinaison de la musique envoûtante avec l’audio interactif, généré en temps réel par les activités et gestes des joueuses et des joueurs, est également une composante essentielle de cet environnement multi-sensoriel. Dernièrement, Mélodie Mousset fouille particulièrement l’aspect interactif et musical de la réalité virtuelle et cherche à développer un nouveau langage de programmation et d’expérience musicale.
La pratique de Mélodie Mousset s’inscrit profondément dans l’expérience d’un monde contemporain déroutant, défini par ce contraste entre le numérique et le corporel. Avec ses œuvres nous sommes amenés à nous questionner comment se positionnent, dans cet environnement de plus en plus dirigé par les technologies numériques, les corps humains physiques, réels, opaques, vivants, remplis d’organes, porteurs d’une intériorité mentale et psychique, avec des recoins riches d’imagination. Comme le dit l’écrivain et vidéaste américaine Chris Kraus : « Mousset’s associative process is so rich. She fully believes in her own imagination and the logical or alogical digressions that shape an inner life. » (424 mots)
– Claire Hoffmann
Justine Emard (née en 1987) explore les nouvelles relations qui s’instaurent entre nos existences et la technologie.En associant les différents médiums de l’image – photographie, vidéo, réalité virtuelle et performance -, elle situe son travail dans un flux entre la robotique, les neurosciences, la vie organique et
l’intelligence artificielle.
De la création d’un dialogue entre un robot androïde et une psychologue (Erika, film de recherche,2016), à la matérialisation de rêves en impressions 3D (Dance Me Deep, 2020), en passant par une performance avec un moine bouddhiste (Heavy Requiem, 2019), ses œuvres tissent de nouveaux récits, issus d’interactions humains-machines et de l’incarnation de données. Dans Co(AI)xistence (2017), elle met en scène une première rencontre entre deux formes de vies différentes : un danseur/acteur, Mirai Moriyama, et le robot Alter, animé par une forme de vie primitive basée sur un système neuronal, une intelligence artificielle (IA) programmée par le laboratoire de Takashi Ikegami (Université de Tokyo), dont l’incarnation humanoïde a été créée par le laboratoire de Hiroshi Ishiguro (Université d’Osaka).
Grâce à un système d’apprentissage profond, l’IA apprend de l’humain, comme l’humain apprend de la machine, pour tenter de définir de nouvelles perspectives de coexistence. Une esquisse des possibilités du futur apparaît dans Soul Shift (2019) et Symbiotic Rituals (2019), lorsque différentes générations de robots commencent à se reconnaître. Leur apparence minimale autorise une projection émotionnelle, en ouvrant un espace pour l’imagination. Le Japon, que l’artiste a découvert en 2012 et où elle continue de se rendre régulièrement, a sensiblement marqué son travail. Au cours de ses multiples séjours, elle a exploré les connexions entre sa pratique des nouveaux médias et la philosophie japonaise ; en particulier le shintoïsme, qui confère un caractère sacré à la nature. Cette pensée animiste, encore vivace à l’époque des technologies connectées, affleure dans Exovisions (2017), une installation composée de pierres, de bois pétrifiés, d’argile prise dans la roche et d’une application de réalité augmentée. Depuis 2016, elle élabore sa série photographique La Naissance des Robots (2016-2020), dans la perspective anthropologique de l’évolution humaine, entre archéologie du futur et robotique androïde. Depuis 2011, elle montre son travail lors d’expositions personnelles en France, Corée du Sud, Japon, Canada, Colombie, Suède et Italie. Elle participe également à des expositions collectives : 7ème Biennale internationale d’Art Contemporain de Moscou, NRW Forum (Düsseldorf), National Museum of Singapore (Singapour), Moscow Museum of Modern Art (Moscou), Institut Itaú Cultural (São Paulo), Cinémathèque Québécoise (Montréal), Irish Museum of Modern Art (Dublin), Mori Art Museum (Tokyo), Barbican Center (Londres).