a propos
Mathilde Soares-Pereira est une artiste et réalisatrice franco-portugaise, diplômée de l’École des Beaux-Arts de Paris et du Conservatoire d’Art dramatique du Centre de Paris. Elle vit à Paris et travaille depuis son atelier à Poush Manifesto. Son travail se déploie comme un écosystème d’œuvres mêlant formes narratives, films, vidéos, photographies, dessins, peintures et installations.
Mathilde développe une pratique qui établit des passerelles entre l’art et la vie. Elle mène un travail d’enquête et d’immersion auprès de communautés en marge, articulant recherche de terrain et réflexion théorique afin de déplacer les regards et de déconstruire les représentations normatives.
Son travail s’inscrit dans une réflexion sociologique nourrie par la pensée de Pierre Bourdieu, interrogeant les structures de l’espace social, les rapports de pouvoir et les dynamiques de genre. À travers des récits où réalité et fiction s’entrelacent, elle questionne les représentations dominantes pour en révéler les tensions et les mécanismes sous-jacents, abordant des enjeux contemporains avec une approche à la fois critique et décalée.
Ses recherches actuelles s’ancrent dans le monde de la nuit. À travers son expérience de stripteaseuse, elle explore les codes, gestes et rituels des espaces nocturnes, proposant un regard
situé sur un milieu souvent fantasmé ou caricaturé.
Mathilde a été récompensée par plusieurs prix, dont le Prix Thaddaeus Ropac et le Prix Canson.
Elle a intégré plusieurs résidences d’artistes, notamment au Consulat Paris et à la Cité internationale des arts. Son travail a été présenté à l’international, de la Galerie du Jour d’Agnès b. à la Spiral Gallery de Tokyo, en passant par le MEET Digital Culture Center de Milan. Ses films ont été projetés dans de nombreux festivals internationaux et ont reçu plusieurs distinctions, dont le prix de la mise en scène au Festival du film indépendant de New York.
Elle a récemment bénéficié du soutien à la création du Centre National des Arts Plastiques pour son prochain projet vidéo, qu’elle présentera lors d’une exposition à la galerie Reflet Machine en juin prochain à Paris. Cette œuvre s’inscrit dans un corpus qui composera sa première exposition personnelle, actuellement en préparation pour la rentrée prochaine.
Nominé(e) par:
Yvannoé KRUGER
Oeuvre choisie:
Paloma
Réseaux sociaux:
Site web:
www.mathildesoarespereira.com
CV
• Projection de mon court métrage de fiction « Le Virage » à la Villa Médicis
• Je participe actuellement à une exposition collective au 15 rue Palestro, 75002 : « Lacry Doll Cry Me a River », curatée par Delphine de la Roche
• Première projection de mon film expérimental « Pigalle by Night », 6 rue Pierre Fontaine, 75009, mars 2026
• Portes ouvertes Poush Manifesto, avril 2026
• Projection de mon court métrage « Une Fleur Sacrée », Le Nouvel Odéon, 6 rue de l’École de Médecine, 75006, mai 2026
• Exposition collective et première installation vidéo de mon film « Aux 10 rue des Écouffes », Galerie Reflet Machine, juin 2026
Eva L’Hoest (Liège, 1991, Belgique – vit et travaille à Bruxelles ) explore les façons dont toutes les natures d’images mentales, en particulier le souvenir et la réminiscence, trouvent à se re–matérialiser dans une forme technologique. Elle poursuit avant tout l’exploration de la mémoire et de son infime et étrange réalité subsistante. Pièces après pièces, l’artiste s’approprie les technologies de son contemporain pour révéler à la fois leur nature de prothèses d’appréhension du monde et leur potentiel en tant que médium artistique.
Son travail a été récemment présenté à la quinzième Biennale de Lyon, Lyon (France) curaté par le Palais de Tokyo, la Triennale Okayama Art Summit 2019 “IF THE SNAKE” curaté par Pierre Huyghe, Okayama (Japon), « Suspended time, Extended space » Casino Luxembourg (Benelux), « Fluo Noir » (BIP2018, Liege, BE), « WHSS » (Melange, Koln, DE), Mémoires (ADGY Culture Development Co. LtD., Bejing, CH), Trouble Water (Szczecin Museum, Szczecin, PL), « Now Belgium Now» (LLS358, Antwerp, BE), « Chimera : Marcel Berlanger, Djos Janssens et Eva L’Hoest» (Meetfactory, Prague, CZ), « Marres currents #3:Sighseeing » (Maastricht, NL).
Ses films ont été programmés récemment sous la forme d’une performance à la dernière édition du IFFR à Rotterdam, ImagesPassage à Annecy, le MACRo Museum à Rome, les Rencontres Internationales Paris–Berlin en 2018 ainsi que le Visite Film Festival à Anvers.
Mélodie Mousset (*1981, Abu Dhabi, vit à Zurich) utilise son propre corps pour cartographier, indexer et narrer un « soi » qui semble en métamorphose permanente, lui échappant dès qu’elle cherche à en prendre possession. Elle s’intéresse aux processus d’individuation biologiques, techniques, culturels, individuels et collectifs qui forment le corps. Ces questions anthropologiques et philosophiques prennent forme dans des vidéos, sculptures, installations, performances ou de la réalité virtuelle.
Dans le film Intra Aura Mélodie Mousset entreprend une recherche intense et de longue durée pour approfondir cet intérêt pour le corps, son intériorité phsychique et organique. Elle s’approprie des technologies de visualisation médicales (IRM, impression 3D), les met en rapport avec des rites chamaniques des « curanderos » Mazatèques qu’elle rencontre au cours d’un voyage au Mexique et les combine avec un travail plastique et filmographique.
Avec HanaHana, Mélodie Mousset prolonge cet intérêt pour une narration onirique, une curiosité pour la perméabilité des limites corporelles et un détournement artistique des technologies de pointe. En empruntant la forme du jeu interactif et collaboratif, cette œuvre de réalité virtuelle constitue un environnement fantastique immersif. Chacun.e peut générer des formes et laisser des traces de son passage dans ce désert habité par des sculptures archaïques où fleurissent des mains humaines de toutes tailles et couleurs. Les joueuses et joueurs peuvent se téléporter et multiplier leurs corps à l’extérieur d’eux mêmes et, en version connectée, interagir avec des joueurs qui se trouvent à d’autres endroits. L’espace d’exposition devient ainsi un espace partagé, à la frontière de l’intime et du public, virtuel tout autant que réel.
La combinaison de la musique envoûtante avec l’audio interactif, généré en temps réel par les activités et gestes des joueuses et des joueurs, est également une composante essentielle de cet environnement multi-sensoriel. Dernièrement, Mélodie Mousset fouille particulièrement l’aspect interactif et musical de la réalité virtuelle et cherche à développer un nouveau langage de programmation et d’expérience musicale.
La pratique de Mélodie Mousset s’inscrit profondément dans l’expérience d’un monde contemporain déroutant, défini par ce contraste entre le numérique et le corporel. Avec ses œuvres nous sommes amenés à nous questionner comment se positionnent, dans cet environnement de plus en plus dirigé par les technologies numériques, les corps humains physiques, réels, opaques, vivants, remplis d’organes, porteurs d’une intériorité mentale et psychique, avec des recoins riches d’imagination. Comme le dit l’écrivain et vidéaste américaine Chris Kraus : « Mousset’s associative process is so rich. She fully believes in her own imagination and the logical or alogical digressions that shape an inner life. » (424 mots)
– Claire Hoffmann
Justine Emard (née en 1987) explore les nouvelles relations qui s’instaurent entre nos existences et la technologie.En associant les différents médiums de l’image – photographie, vidéo, réalité virtuelle et performance -, elle situe son travail dans un flux entre la robotique, les neurosciences, la vie organique et
l’intelligence artificielle.
De la création d’un dialogue entre un robot androïde et une psychologue (Erika, film de recherche,2016), à la matérialisation de rêves en impressions 3D (Dance Me Deep, 2020), en passant par une performance avec un moine bouddhiste (Heavy Requiem, 2019), ses œuvres tissent de nouveaux récits, issus d’interactions humains-machines et de l’incarnation de données. Dans Co(AI)xistence (2017), elle met en scène une première rencontre entre deux formes de vies différentes : un danseur/acteur, Mirai Moriyama, et le robot Alter, animé par une forme de vie primitive basée sur un système neuronal, une intelligence artificielle (IA) programmée par le laboratoire de Takashi Ikegami (Université de Tokyo), dont l’incarnation humanoïde a été créée par le laboratoire de Hiroshi Ishiguro (Université d’Osaka).
Grâce à un système d’apprentissage profond, l’IA apprend de l’humain, comme l’humain apprend de la machine, pour tenter de définir de nouvelles perspectives de coexistence. Une esquisse des possibilités du futur apparaît dans Soul Shift (2019) et Symbiotic Rituals (2019), lorsque différentes générations de robots commencent à se reconnaître. Leur apparence minimale autorise une projection émotionnelle, en ouvrant un espace pour l’imagination. Le Japon, que l’artiste a découvert en 2012 et où elle continue de se rendre régulièrement, a sensiblement marqué son travail. Au cours de ses multiples séjours, elle a exploré les connexions entre sa pratique des nouveaux médias et la philosophie japonaise ; en particulier le shintoïsme, qui confère un caractère sacré à la nature. Cette pensée animiste, encore vivace à l’époque des technologies connectées, affleure dans Exovisions (2017), une installation composée de pierres, de bois pétrifiés, d’argile prise dans la roche et d’une application de réalité augmentée. Depuis 2016, elle élabore sa série photographique La Naissance des Robots (2016-2020), dans la perspective anthropologique de l’évolution humaine, entre archéologie du futur et robotique androïde. Depuis 2011, elle montre son travail lors d’expositions personnelles en France, Corée du Sud, Japon, Canada, Colombie, Suède et Italie. Elle participe également à des expositions collectives : 7ème Biennale internationale d’Art Contemporain de Moscou, NRW Forum (Düsseldorf), National Museum of Singapore (Singapour), Moscow Museum of Modern Art (Moscou), Institut Itaú Cultural (São Paulo), Cinémathèque Québécoise (Montréal), Irish Museum of Modern Art (Dublin), Mori Art Museum (Tokyo), Barbican Center (Londres).